Filigranes

  • évanescence

    Jacques Borgetto

    Le Japon représente un nouveau chapitre dans le parcours et dans l'oeuvre de Borgetto, un chapitre où résonne une autre et nouvelle musique. De ses derniers voyages, il a rapporté une série de petites images, précieuses comme des bijoux. Envoûtantes comme des élixirs et apaisantes comme du baume. Très différentes des précédentes par leur forme et leur composition, mais encore une fois habitées par une pudeur et une délicatesse dont il est maître.
    Le nom de la série "Évanescence" restitue bien l'esprit d'une photographie empreinte de respect et de nostalgie pour un monde qui perpétue encore le culte du passé et des traditions. Au coeur du Japon d'aujourd'hui, dans une dimension hors du temps, survivent les rituels des voeux et des offrandes aux dieux, aux temples de la cité monastique de Koyosan, bien que l'on puisse désormais y arriver directement depuis l'aéroport et que les tours touristiques s'y succèdent, tout au long de la journée. Tout comme se poursuit l'enchantement des promenades rituelles, le long du Chemin de la Philosophie, au milieu des cerisiers et de la végétation, immuable depuis des siècles, des jardins de Kyoto. [...].
    Laura Serani

  • Tout commence l'été 1995, lorsque Gilbert Garcin, alors jeune retraité qui a tout bonnement envie d'une seconde vie, se décide à se lancer dans la photographie et participe pour ce faire à des stages aux Rencontres d'Arles. Il y pratique le photomontage, qui sera sa source d'inspiration première. Depuis lors, il a imaginé à partir de sa propre silhouette un personnage universel dont il emprunte au départ la défroque à Tati. La figure de Gilbert Garcin se bâtit comme une incarnation ambiguë de lui-même à travers laquelle il interprète en acteur des situations mises en scène, faussement burlesques, qu'il qualifie de « petites philosophies » à la manière du grand Hitchcock.
    Le charme opère car l'artiste nous parle d'évidences qui nous concernent tous : celle de la vie qui s'écoule, du temps qui fuit, de la ténacité qu'il faut pour continuer... Ainsi, Gilbert Garcin rappelle en images et à l'aide de titres évocateurs qu'il est préférable de « faire de son mieux » et de « connaître ses limites » car au fond on ne fait que « rejouer de vieux airs connus », ceux de « Sisyphe » ou d'« Atlas ».

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