Arts et spectacles

  • Yasujirô Ozu (1903-1963) est un des plus grands cinéastes au monde. Son oeuvre est unique et touche, comme certains le disent, à un « au-delà » du cinéma. Comment cet homme en est-il venu à créer une oeuvre cinématographique si forte à la portée si universelle ?
    Dans ces Carnets défilent l'insouciance de la jeunesse et la fascination pour les comédies américaines « sophisticated » des années 30, l'expérience de la guerre et de ses horreurs (1938-1939) puis enfin, la maturité et l'accomplissement d'une oeuvre exceptionnelle (années 50-60), avant que la mort ne vienne (1963).
    C'est dans une traduction intégrale, révisée et augmentée par rapport à la version parue en 1996, que la pensée « ozuienne » s'offre aujourd'hui au lecteur. La magnifique préface, écrite à l'époque par le cinéaste Alain Corneau, a été conservée.

  • Otomo N.5

    Collectif

    À l'occasion de son 5e numéro, Otomo consacre sa couverture à une année décisive et fondatrice pour l'animation japonaise...

    L'année 1988 est profondément marquée par trois oeuvres matrices : deux sont issues des Studios Ghibli avec Mon voisin Totoro et Le Tombeau des lucioles, tandis que la dernière, Akira, explore un autre versant du séisme. Comment l'année 1988 a-t-elle donné le « la » à tout un pan du cinéma d'animation japonais?? Notre voyage estival au coeur de la pop culture japonaise nous plongera également au coeur du phénomène des Magical Girls, Sailor Moon et Gigi, à la poursuite des disquaires tokyoïtes ou encore à la découverte du cinéma de Toshiro Mifune... Préparez vos valises !

  • Après plusieurs décennies de production de masse, le monde entier se tourne de plus en plus vers les produits artisanaux fabriqués en petites séries.
    Handmade in Japan pénètre dans les ateliers des artisans japonais, révélant l'incessante quête de l'excellence d'hommes et de femmes qui consacrent leur vie à la gestion d'un patrimoine culturel irremplaçable. D'où qu'ils soient, les lecteurs intéressés par les procédés artisanaux et leur utilisation de matériaux durables seront sensibles à cette exploration de l'univers des artisans japonais, comme la récolte de la laque naturelle à Iwate. De même ceux qui admirent le talent et la beauté auront plaisir à découvrir jusqu'où ces créateurs peuvent aller pour atteindre la perfection.

  • C'était d'abord un choix pratique : personne ne voulait produire leurs films.
    Alors Hayao Miyazaki et Isao Takahata, aidés de Toshio Suzuki, ont fondé ensemble le studio Ghibli. Depuis, ils ont enchaîné les succès, de Princesse Mononoké à Pompoko, du Tombeau des Lucioles au Voyage de Chihiro. Leurs personnages, comme Totoro et Porco Rosso, sont devenus emblématiques, et les oeuvres du studio ont marqué des générations entières de fans à travers le monde, comme si Ghibli était un équivalent japonais de Disney.
    Bien plus qu'une marque et au-delà d'une simple usine à rêves, Ghibli offre avant tout une vision d'un monde idéal, fondé sur l'écologie, le féminisme, l'ingénierie et les croyances magiques. Un Monde parfait selon Ghibli explore les histoires créées par le studio, les décortique, en les mettant en perspective avec la carrière de leurs créateurs, avec en toile de fond une question lancinante : Ghibli survivra-t-il à la retraite de ses fondateurs ?

  • Isao TAKAHATA est régulièrement considéré comme l'un des réalisateurs d'animation les plus hétéroclites de toute l'histoire du 7e art. Ne dessinant pas ses films, il confie cette tâche a` des collaborateurs qui, d'un projet a` l'autre, sont susceptibles de changer. Des formes rondes et colorées de ses séries télévisées des années 70 (Heidi, Marco, Anne...) au style épuré de Mes voisins les Yamada (1999) et du Conte de la princesse Kaguya (2013) en passant par les nombreuses déformations visuelles à l'oeuvre dans Pompoko (1994), la grande diversité´ graphique de son oeuvre qui en résulte permet ainsi a` Takahata de maintenir son statut de cinéaste inclassable.

    Sa volonté de s'approcher au mieux du réel par le dessin, en outre, et ainsi que le démontrent notamment Hols, prince du soleil (1968), Le Tombeau des lucioles (1988) ou Souvenirs goutte à goutte (1991), l'éloigne considérablement des standards de l'animation. Cette approche du réel n'invalide pas pour autant la possibilité´ du fantastique, de l'onirisme et de la poésie - d'ou` le recours au dessin -, qui s'invitent régulièrement dans la vie et l'habitat quotidiens des personnages, ainsi que cela arrive par exemple aux héros de Panda petit panda (1972-1973), Kié la petite peste (1981) et Gauche le violoncelliste (1982). Ces derniers voient ainsi frapper a` leur porte la possibilité d'une nouvelle histoire, de la même façon que le spectateur voit son environnement pénétré par la magie de films qu'il n'est pas près d'oublier.

  • Au milieu de la jungle urbaine de Tokyo, au chaud dans un « bar à chats » caressé toute la journée par les clients, dormant sur un tas de bois dans la cour d'une maison à la campagne, attendant du poisson frais sur le quai d'un port de pêche, d'Okinawa à Hokkaido, le chat est partout au Japon. Alexandre Bonnefoy les a suivi pendant un an à travers les ruelles de Tokyo, la campagne japonaise et sur les petites îles de pêcheurs. Dans ce livre de photographie animalière, partez à la rencontre des chats japonais.

  • évanescence

    Jacques Borgetto

    Le Japon représente un nouveau chapitre dans le parcours et dans l'oeuvre de Borgetto, un chapitre où résonne une autre et nouvelle musique. De ses derniers voyages, il a rapporté une série de petites images, précieuses comme des bijoux. Envoûtantes comme des élixirs et apaisantes comme du baume. Très différentes des précédentes par leur forme et leur composition, mais encore une fois habitées par une pudeur et une délicatesse dont il est maître.
    Le nom de la série "Évanescence" restitue bien l'esprit d'une photographie empreinte de respect et de nostalgie pour un monde qui perpétue encore le culte du passé et des traditions. Au coeur du Japon d'aujourd'hui, dans une dimension hors du temps, survivent les rituels des voeux et des offrandes aux dieux, aux temples de la cité monastique de Koyosan, bien que l'on puisse désormais y arriver directement depuis l'aéroport et que les tours touristiques s'y succèdent, tout au long de la journée. Tout comme se poursuit l'enchantement des promenades rituelles, le long du Chemin de la Philosophie, au milieu des cerisiers et de la végétation, immuable depuis des siècles, des jardins de Kyoto. [...].
    Laura Serani

  • Les Couleurs des tumuli est un livre qui fait cohabiter deux récits - l'un photographique, l'autre textuel - qui se déroulent entre Paris et Gyeongju en Corée du Sud. La photographe Élisa Haberer est née à Gyeongju puis a été adoptée en France dès ses premiers mois. En 2014 elle y retourne pour la première fois. Partant de l'endroit où elle est née - l'ancienne maison d'une sage-femme transformée en magasin d'ustensiles de cuisine - elle décide d'explorer et de photographier Gyeongju. A partir d'un lieu qui lui est à la fois proche et étranger, elle part à la rencontre d'un quartier, d'une ville et de ses habitants.
    Au retour de son premier voyage en septembre 2014, elle débute une série d'entretiens sur ce projet avec Simon Hatab, dramaturge et auteur.
    Ce dialogue qui s'étend sur deux ans forme la matière d'un récit à mi-chemin entre le biographique, le carnet de voyage et le journal de création.
    Au-delà de la quête mémorielle, il développe une réflexion sur l'art photographique, sur notre rapport au temps et sur la construction de notre identité.

  • Le Japon et la Suisse fêtent en 2014 leurs 150 ans de relations diplomatiques.
    À cette occasion, le musée Haus Konstruktiv réalise le projet d'exposition « Logical Emotion - Contemporary Art from Japan » en collaboration avec la Fondation du Japon. À partir de l'héritage constructif-concret et conceptuel du musée de Zurich, sa directrice Sabine Schaschl et Kenjiro Hosaka du Musée d'art moderne de Tokyo organisent une exposition collective très riche consacrée à l'art contemporain japonais. Au coeur de la présentation, on trouve la logique et son contraire supposé, l'émotion. Les commissaires de l'exposition ont eu recours pour cela au fonds de médias divers : peintures, installations, vidéos, photographies et architec - tures, jusqu'aux arts appliqués et aux dessins de mangas. Outre l'art japonais le plus récent, des person - nalités mondialement connues seront aussi présentées pour offrir une vue transversale, parfaitement dans le sens du titre « Logical Emotion », qui ira des structures ordonnées déductibles aux qualités fortement sensorielles.Les artistes participants sont : Noe Aoki, Koji Enokura, Kazunari Hattori, Akihisa Hirata, Ryoji Ikeda, Teppei Kaneuji, Yayoi Kusama, Taiji Matsue, Masayasu Mitsuke, Tatsuo Miyajima, Hiroshi Sugito, Go Watanabe und Yuichi Yokoyama.

  • Aujourd'hui, j'ai pris le métro pour la première fois au pays des nouvelles technologies, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, je n'ai pas été déçu.
    Comme dans de nombreuses grandes villes, le métro de Séoul est un moyen de transport privilégié pour éviter les bouchons qui saturent chaque jour les axes de cette mégalopole de dix millions d'habitants. Sous terre, les écrans envahissent l'espace, on en trouve aux quatre coins du quai et dans chaque rame. Le voyageur est sollicité à outrance, on l'informe sur son itinéraire, lui rappelle les règles de bonnes conduites et plus surprenant, on lui vente l'intérêt des opérations de chirurgie esthétique pour améliorer son sourire ou redresser ses jambes.

    Au-delà du tumulte ambiant, ce sont les usagers qui m'ont interpellé. Dans la rame, pas un passager ne tient un livre ou un journal, aucun ne se laisse aller à la rêverie, pourtant si commune aux voyageurs du quotidien. Au pays du géant mondial de la téléphonie mobile, la pratique veut que chaque individu ait les yeux rivés sur son smartphone avec au programme des jeux, des prêches évangéliques, l'actualité des réseaux sociaux, des films, des mangas, mais aussi les fameux dramas, sorte de telenovela dont les coréens raffolent. Depuis maintenant deux semaines que je parcours Séoul, cette ville m'apparaît comme un véritable terrain de jeu et si les sujets sont nombreux, le microcosme du métro s'avère être un bon indicateur de la société coréenne. Une amie me racontait un jour que contrairement en France où l'on affirme son identité avant de parler de ses originales sociales et culturelles, les Coréens confient d'abord d'où ils viennent plutôt que qui ils sont, laissant leur individualité de côté. Dans le métro, il en est tout autre. L'individualisme est le maître mot, chacun est dans sa bulle, ou plutôt dans son smartphone. C'est donc à la fois curieux et amusé que j'ai commencé à faire des photos et ironie de la chose, c'est avec mon smartphone que j'ai décidé de travailler.

  • Tout commence l'été 1995, lorsque Gilbert Garcin, alors jeune retraité qui a tout bonnement envie d'une seconde vie, se décide à se lancer dans la photographie et participe pour ce faire à des stages aux Rencontres d'Arles. Il y pratique le photomontage, qui sera sa source d'inspiration première. Depuis lors, il a imaginé à partir de sa propre silhouette un personnage universel dont il emprunte au départ la défroque à Tati. La figure de Gilbert Garcin se bâtit comme une incarnation ambiguë de lui-même à travers laquelle il interprète en acteur des situations mises en scène, faussement burlesques, qu'il qualifie de « petites philosophies » à la manière du grand Hitchcock.
    Le charme opère car l'artiste nous parle d'évidences qui nous concernent tous : celle de la vie qui s'écoule, du temps qui fuit, de la ténacité qu'il faut pour continuer... Ainsi, Gilbert Garcin rappelle en images et à l'aide de titres évocateurs qu'il est préférable de « faire de son mieux » et de « connaître ses limites » car au fond on ne fait que « rejouer de vieux airs connus », ceux de « Sisyphe » ou d'« Atlas ».


  • fruit de cinq voyages d'hokkaido à kyushu, l'ouvrage d'alain basset nous offre une vision particulièrement forte de ce peuple et pays insulaires.
    mystérieux, fascinant, troublant, le pays du soleil-levant continue de séduire et de déranger. d'un côté, les détracteurs hantés par l'esprit conquérant de ce peuple, de l'autre, les inconditionnels attirés par les clichés d'une tradition unique. et de rêver de geishas, d'esprit zen et d'estampes. au premier contact, pourtant, le choc est rude pour le visiteur qui débarque à tôkyô : foules automatisées, temples et supermarchés enchâssés, autoroutes et voies ferrées superposées.
    mais, derrière la laideur et la froideur des centres urbains, se cache un monde de ruelles empreint d'une tranquille humanité. la ville palpite de commerces de proximité et de fêtes de quartier oú les kimonos côtoient les tenues griffées. ailleurs, une nature imprévisible et violente a façonné un autre pays, montagneux et sauvage, peuplé de dieux puissants. les japonais y puisent leurs forces et leurs peurs.
    le souci de l'idéal pousse les habitants des campagnes à offrir le meilleur de leurs productions ainsi que sur les marchés aux poissons. gourmet aujourd'hui éclectique, le japonais conjugue le plaisir de l'oeil et l'art du palais. ce japon du raffinement repose sur une culture ancienne et brillante, enrichie d'apports extérieurs assimilés et bonifiés. kyôto, la capitale impériale, restitue avec faste son passé glorieux de courtisanes et de samouraïs.
    temples bouddhistes et sanctuaires shintoïstes rivalisent de beauté pure ou baroque. au xviie siècle, les guerriers privés de combats se nourrissent de philosophie zen et trouvent leur voie dans la pratique des arts martiaux comme le kyudo - "la voie de l'arc" - ou le sumo. fidélité, effort et ténacité deviennent les valeurs de toute la société unifiée. aujourd'hui, l'empereur n'est plus un dieu et les japonais montrent leur profond attachement à la paix.
    alors éclate la diversité d'une société en perpétuel mouvement qui trouve sa force dans la juxtaposition des extrêmes, le beau et le laid, la tradition et la modernité.

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