Sciences humaines & sociales

  • De l'âme

    François Cheng

    « Lorsque j'ai reçu votre première lettre, chère amie, je vous ai répondu immédiatement. Avoir de vos nouvelles plus de trente ans après m'a procuré une telle émotion que ma réaction ne pouvait être qu'un cri instantané.
    Votre deuxième lettre, que j'ai sous les yeux, je l'ai gardée longtemps avec moi, c'est seulement aujourd'hui que je tente de vous donner une réponse.
    La raison de ce retard, vous l'avez sans doute devinée, puisque votre missive contient une singulière requête : « Parlez-moi de l'âme »...
    Votre phrase : «Sur le tard, je me découvre une âme », je crois l'avoir dite à maintes reprises moi-même.
    Mais je l'avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelquesuns de mes textes et poèmes, j'avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m'interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m'est venu de relever le défi... »

  • « Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la "réalité féminine" s'est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l'Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu'il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s'évader de la sphère qui leur a été jusqu'à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. » Simone de Beauvoir.

  • Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la « tyrannie du look » affirme aujourd'hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté » travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au coeur de la sphère culturelle.
    Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d'autodévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu'il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d'une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.

  • « E^tre visibles. Marcher dans la rue sans peur. Exprimer haut et fort nos opinions. C'est ce que la socie´te´ interdit aux femmes. Et c'est le programme de ce livre. Messieurs qui tenez les manettes, si vous voulez re´gler le proble`me, les chercheuses et militantes fe´ministes ont fait le boulot.
    Les me´canismes sont identifie´s, les solutions existent. Tout est la`. Ce qu'il manque maintenant, c'est votre volonte´.
    Or, chaque jour, on constate qu'elle est nulle. Manifestement, l'ide´e de vivre dans un monde ou` les femmes seraient vraiment les e´gales des hommes ne vous emballe pas plus que c¸a ». L.B.

    Avec Pre´sentes, Lauren Bastide signe un manifeste fe´ministe ultra-documente´, nourri par les re´flexions des militantes les plus inspirantes d'aujourd'hui. Un livre a` mettre entre toutes les mains, pour mieux comprendre les nouvelles luttes fe´ministes de l'apre`s-#MeToo.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge est né d'une rencontre, celle de trois historiennes qui, depuis 2013, ont animé un séminaire à l'EHESS sur la sociohistoire des féminismes. Trois regards, trois générations, trois parcours différents pour une volonté commune d'offrir un récit renouvelé de l'histoire des féminismes en France.
    Motivées par la demande des étudiantes et étudiants pour des éléments historiques accessibles, les autrices répondent à des interrogations qui donnent à réfléchir aux perspectives politiques d'aujourd'hui. Comment les féminismes ont-ils émergé ? Quels liens entretiennent-ils avec les mobilisations de femmes révolutionnaires et l'anti-esclavagisme ? Doit-on parler de « féminisme bourgeois » ? Y a-t-il eu des féminismes noirs ? Les féministes étaient-elles toutes colonialistes ? Existe-t-il des féminismes religieux ? Comment s'articulent le mouvement gay lesbien trans (LGBTQI +) et les mouvements féministes ? Le féminisme institutionnel est-il réactionnaire ? Qu'est-ce que le genre fait aux féminismes ? Que révèle #MeToo sur la construction des femmes comme sujets politiques ? Qu'il y a-t-il de nouveau dans le féminisme d'aujourd'hui ? Comment les féminismes s'articulent-ils avec l'histoire impériale de la France et s'insèrent-ils dans des circulations transnationales ?
    Le récit se divise en quatre parties qui correspondent aux principales scansions entre la Révolution française et les premières décennies du XXIe siècle. Ce livre entend fournir quelques clés indispensables pour penser les féminismes d'hier et d'aujourd'hui à la lumière des grands défis contemporains, des inégalités sociales, raciales et de genre. Réinterroger l'histoire des féminismes revient ainsi à s'inscrire dans une volonté de renouveau d'une histoire qui cesserait d'ignorer celles et ceux qui ont pensé et agi pour l'égalité et la liberté des rapports de genre.

  • « Je sais maintenant, grâce aux récits intimes de mon for intérieur, et aux histoires des enfances fracassées, qu'il est toujours possible d'écrire des soleils.

    Combien, parmi les écrivains, d'enfants orphelins, d'enfants négligés, rejetés, qui, tous, ont combattu la perte avec des mots écrits ?

    Pour eux, le simple fait d'écrire changea le goût du monde.

    Le manque invite à la créativité. La perte invite à l'art, l'orphelinage invite au roman. Une vie sans actions, sans rencontres et sans chagrins ne serait qu'une existence sans plaisirs et sans rêves, un gouffre de glace.

    Crier son désespoir n'est pas une écriture, il faut chercher les mots qui donnent forme à la détresse pour mieux la voir, hors de soi. Il faut mettre en scène l'expression de son malheur.

    L'écriture comble le gouffre de la perte, mais il ne suffit pas d'écrire pour retrouver le bonheur.

    En écrivant, en raturant, en gribouillant des flèches dans tous les sens, l'écrivain raccommode son moi déchiré. Les mots écrits métamorphosent la souffrance. »B. C.

    Un livre bouleversant, de témoignage et d'émotion, où Boris Cyrulnik convoque les déchirures d'écrivains célèbres, les conjugue à l'aune de ses propres souffrances pour mieux convaincre chacun de nous des bienfaits de l'imaginaire, de la puissance du rêve, des pouvoirs de guérison que recèle l'écriture.

  • Avec son « histoire du coeur du monde », Peter Frankopan renverse le récit traditionnel de l'histoire, qui gravite autour de la Grèce antique, de Rome, de l'irrésistible ascension de l'Europe, et qui mérite, selon lui, une relecture urgente et approfondie.
    L'auteur s'attache à élargir la perspective du lecteur. Il tourne son regard vers l'Est, vers « une région à mi-chemin entre Orient et Occident, qui va des rives orientales de la Méditerranée jusqu'à la mer Noire et à l'Himalaya ». C'est là qu'il place le curseur de sa lecture de l'histoire.
    S'appuyant sur un éventail prodigieux de sources dans au moins une dizaine de langues (depuis Hérodote jusqu'aux dépêches les plus récentes du Département d'État américain), le récit balaie une période qui va des campagnes d'Alexandre le Grand jusqu'aux luttes géopolitiques du xxie siècle. Au fil de chapitres rondement menés, il nous livre un formidable travail d'investigation historique pour faire revivre avec intensité de merveilleuses histoires.
    Voilà un livre fait pour notre époque de réseaux.
    Classé par la presse internationale de « plus important livre d'histoire depuis des décennies », Les Routes de la Soie est une lecture essentielle pour notre compréhension du monde contemporain.

  • "Dire qu'il est trop tôt ou trop tard pour faire de la philosophie, cela revient à dire que l'heure d'être heureux n'est pas venue encore ou qu'elle a déjà passé." Le bonheur est la fin de l'existence humaine. Qui le niera ? Mais il est plus difficile de tirer au clair les moyens d'y parvenir.Il faut lire ce texte inoubliable pour découvrir que la pensée et l'amitié sont les seuls vrais havres du sage. Pour être heureux, renouons ave Épicure.Le dossier - L'architecture de l'oeuvre - L'auteur et le contexte - Thèmes et problématiques de l'oeuvre - Glossaire

  • Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C'est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l'accommodation intégrale, l'"? élément humain ? " encombre. Tout concourt à le transformer en une matière malléable, capable de "? rebondir ? " à chaque embûche, de faire de sa destruction une source de reconstruction et de son malheur l'origine de son bonheur, l'assujettissant ainsi à sa condition de survivant.
    A la fois idéologie de l'adaptation et technologie du consentement à la réalité existante, aussi désastreuse soit-elle, la résilience constitue l'une des nombreuses impostures solutionnistes à la critique de laquelle cet essai, fruit d'un travail théorique et d'une enquête approfondie menés durant les dix années qui ont suivi l'accident nucléaire de Fukushima, entend prendre part. La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d'une ignorance organisée.
    Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vies insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d'un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite. Autant d'impasses et de dangers appelant à être, partout et toujours, intraitablement contre elle.

  • Le prince

    Machiavel

    Au 16e siècle, l'Europe est en pleine confusion... Nicolas Machiavel travaille comme légat du gouvernement florentin auprès des autres pays d'Europe. il rencontre ainsi les princes, rois et reines de nombreux pays, peaufinant peu à peu, par son sens de l'observation la théorie politique qu'il développera dans « Le Prince », dont le modèle historique n'est autre que Caesar Borgia.
    Ce manga nous entraîne dans la vie de Machiavel en suivant son parcours, ses rencontres, ses expériences, ses réflexions... tout ce qui progressivement l'amène à écrire son livre, véritable recueil de conseils stratégiques pour s'emparer du pouvoir et le conserver.

  • 38 ficelles, tours et autres passes pour garder raison à tout prix en ayant objectivement tort ou comment terrasser son adversaire en étant de plus mauvaise foi que lui. Un court traité à l'usage de quiconque croit sincèrement aux dividendes de la pensée. Rédigé à Berlin en 1830-31, ce traité fut publié pour la première fois en 1864. Il est suivi dans la présente édition d'une postface de Franco Volpi.

  • Il existe des génies du crime. Des faussaires, délinquants, voleurs, escrocs, dealers, assassins, tellement organisés et inventifs qu'on ne peut se retenir de les traiter de « beaux voyous ».
    La plupart des biographies policières, gendarmiques ou magistrales, font leur part à ce petit moment de nostalgie ou d'émotion devant le souvenir d'une rencontre avec un ou une formidable criminel(le).
    Et il y a les autres. Au masculin, ou au féminin. Seul(e) ou en groupe.
    Tous les autres. Malchanceux, mal organisés. Emotifs. Désorganisés.
    Ou tout simplement idiots.
    Voici les histoires, collectées et vérifiées pour l'essentiel. Et d'autres introuvables, relevant d'autres catégories, qu'on n'a pas pu ne pas conserver.


  • le yoga est une discipline spirituelle qui permet d'atteindre l'éveil en purifiant le corps.
    il existe plusieurs écoles de yoga tantrique, mais celle de la kundalinî est sans doute la plus surprenante. elle consiste à activer les forces les plus puissantes de l'humain, décrites comme un serpent lové au bas de la colonne vertébrale, et vise ainsi à accorder les principes souvent supposés contradictoires de la sexualité et de la spiritualité, en fusionnant leurs énergies au sein du corps humain.
    en octobre 1932, c. g. jung, invité au club psychologique de zurich, donna quatre conférences sur cette discipline exigeante et alors pratiquement inconnue. tandis que la psychologie de l'époque était sous l'emprise grandissante de la psychanalyse, le yoga de la kundalinî allait offrir à jung un modèle qui manquait totalement à la psychologie occidentale : une description, à partir de l'étude symbolique des chakras, des phases développement de la conscience supérieure.


  • L'adaptation de la pièce de théâtre à succès, mais avec plus de trucs à l'intérieur.

    Co-écrit par Louise Mey et Klaire fait Grr et inspiré du seule-en-scène Chattologie, cet ouvrage est un essai illustré sur les règles : il reprend les thèmes abordés dans le spectacle et les approfondit avec davantage d'informations, des blagues de fromage, et des dessins épiques. Suivez Prof Chatto et laissez-vous initier au grand écart porté, seule activité qui saura illustrer la nouvelle souplesse que votre esprit aura acquise après la lecture de ce livre incontournable.

    Chattologie s'adresse à toutes et à tous.
    Chattologie est un ouvrage sur les menstruations, à cheval entre l'essai et la bande dessinée.

    Parce que les règles, c'est un sujet à la fois grave et léger, et parce qu'un cheval, c'est toujours pratique.

    Quadras empathiques, ados fébriles, mamies révoltées, couples, frangines, cousins, futures mères et futures pas-mères, voisins, boulangers : ce sujet vous concerne.

    Attention, ce livre contient des gros mots tels que "prout", "zizi" et "capitalisme libéral". Par ailleurs, ce n'est pas un livre sur les chatons. Pas du tout.

  • Le concept de ma est une modalité essentielle de la culture japonaise. Ma se définit comme un intervalle. Un temps, un espace envoûtant s'ouvre entre une chose et une autre. Ma est à la fois ce qui sépare une chose de l'autre et ce qui les réunit. Il devient alors aida, l'entre. Aida est ce point de contact qui crée le lien. Cette fracture qui en même temps relie donne leur saveur à la poésie, à la musique, au cinéma et au théâtre, à la cérémonie du thé, à la relation au sein du corps social... Ainsi ce livre se présente-t-il comme un voyage où la rencontre avec une autre culture, une autre langue, conduit à réfléchir sur soi-même.

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  • Pour mener à bien sa quête du Graal, le roi Arthur doit manager une équipe de chevaliers difficiles à gérer ! Cela vous rappelle votre quotidien au bureau ?!... Vous aussi devez affronter des personnalités complexes, des comportements absurdes et des caractères difficiles ? Fayots, paresseux, grincheux, toxiques, autoritaires... À l'instar du roi Arthur, ils ne cessent de vous mettre des bâtons dans les roues ?

    Que vous soyez un jeune cadre dynamique 2.0, un directeur bénéficiant d'une solide expérience ou un patron, un vrai, ce guide plein d'humour va vous aider à être meilleur dans votre vie professionnelle. Définir les valeurs de votre entreprise, fixer les objectifs de vos collaborateurs, développer vos compétences, améliorer vos relations avec vos supérieurs et bien entendu gérer les conflits !

    Surprenant, Le management selon Kaamelott est un guide essentiel pour réussir votre quête du Graal professionnel.

  • Dix ans après avoir arpenté, dans Le Silence des bêtes, les diverses traditions occidentales qui, des présocratiques à Jacques Derrida, ont abordé l'énigme de l'animalité, Élisabeth de Fontenay s'expose au risque et à l'urgence des questions politiques qui s'imposent à nous aujourd'hui. L'homme se rend-il coupable d'un crime lorsqu'il tue ou fait souffrir une bête ? Faut-il reconnaître les droits aux animaux ? Cette approche philosophique, qui s'essaie à travers sept perspectives différentes, atteste un refus constant de dissocier le parti des bêtes et celui de l'exception humaine.

  • Missionné par Bugs Bunny qui s'apprête à fêter son anniversaire, Philippe Dana, ancien présentateur de l'émission culte « Ça cartoon », se lance à la poursuite des Toons. Dans ce récit aussi déjanté que documenté, il parcourt le monde à la rencontre de nos personnages préférés : Betty Boop dans sa somptueuse villa à Hollywood, Popeye en escale à Tanger, Sylvestre le chat qui a ouvert avec son fils un bistrot à Marseille, Daffy Duck en tournage à Hong Kong. L'envoyé très spécial de Bugs réussit même à mettre la main sur le Coyote, toujours à la recherche de Bip Bip.
    Infiltré dans l'univers excentrique et joyeux de ces stars intemporelles, Philippe recueille leurs confidences.
    Vous découvrirez notamment comment leurs créateurs, Walt Disney ou son rival Tex Avery, ont contribué à l'âge d'or du cinéma hollywoodien.
    Loufoques, extravagants, farceurs, les Toons font du non-sens un art de vivre. Mais leur monde réserve aussi quelques surprises...

  • À l'automne 1600, Tokugawa Ieyasu, l'un des plus fascinants personnages de l'histoire du Japon, sort vainqueur de la plus grande bataille de samouraïs jamais livrée. L'enjeu est de taille puisqu'il ne s'agit rien moins que de l'empire tout entier, enfin pacifié. Le suzerain de la maison Tokugawa sera le troisième des Unificateurs du pays. Avant de parvenir à engranger les dividendes de la paix, il aura pourtant fallu tout risquer une ultime fois sur le tapis vert des rizières de Sekigahara, mince vallée sise en plein coeur de l'archipel. La suprême querelle se vide au matin du 21 octobre 1600, mettant aux prises les meilleurs capitaines et les plus vaillants champions de leur temps. Épreuve du gigantisme, près de 170 000 combattants s'y sont taillés en pièces, laissant 30 000 d'entre eux sur le carreau. Il faudra attendre l'épopée napoléonienne, deux siècles plus tard, pour voir se lever des effectifs similaires sous nos latitudes. À la charnière de deux siècles que tout oppose, Sekigahara bruit également du chant du cygne qu'entonnent malgré eux les guerriers de jadis. A l'issu de la bataille, le temps des seigneurs de guerre, des samouraïs et des citadelles est révolu.

  • La force majeure

    Clément Rosset

    « La joie est, par définition, illogique et irrationnelle. La langue courante en dit là-dessus plus long qu'on ne pense lorsqu'elle parle de «joie folle» ou déclare de quelqu'un qu'il est « fou de joie ». Il n'est effectivement de joie que folle ; tout homme joyeux est à sa manière un déraisonnant.
    Mais c'est justement en cela que la joie constitue la force majeure, la seule disposition d'esprit capable de concilier l'exercice de la vie avec la connaissance de la vérité. Car la vérité penche du côté de l'insignifiance et de la mort, comme l'enseignait Nietzsche et l'enseigne aujourd'hui Cioran. En l'absence de toute raison crédible de vivre il n'y a que la joie qui tienne, précisément parce que celle-ci se passe de toute raison.
    Face à l'irrationalisme de la joie, toute forme d'optimisme raisonné n'oppose que des forces débiles et dérisoires, qu'« un misérable espoir emporté par le vent » pour reprendre les termes de Lucrèce. Fût-il le plus parfait et le plus juste, il laisserait encore tout, ou presque, à désirer. En ces temps de prédictions volontiers catastrophiques, on se garde pourtant d'envisager la pire des hypothèses, - je veux dire celle d'un monde devenu, contre toute attente, absolument satisfaisant. Car ce serait là un monde dont personne au fond ne veut ni n'a jamais voulu : on pressent trop qu'aucun des problèmes qui font le principal souci de l'homme n'y trouverait de solution. C'est pourquoi ceux qui travaillent sans relâche à son avènement n'attendent en fait de leur labeur qu'un oubli momentané de leur peine, et rien de plus. Et on peut parier qu'ils montreraient moins d'ardeur à la tâche s'ils n'étaient soutenus par la conviction secrète que celle-ci n'a aucune chance d'aboutir. » Clément Rosset

  • Le Japon est l'archipel des contrastes. Terre de traditions, il est à la pointe des innovations. Pays introverti, il s'inspire des apports étrangers. Société frugale, il devance en richesse par habitant les États-Unis et l'Europe occidentale.
    Dans le tome 1, Des origines à 1945, Edwin O. Reischauer fournit les clés historiques qui permettent de comprendre le Japon contemporain.
    Le tome 2, De 1945 à nos jours, avec les compléments apportés par Richard Dubreuil, décrit l'accession du Japon au rang de puissance planétaire.

  • Grâce à ce joli petit livre de jeux amusants, familiarisez-vous avec les caractères Japonais Apprenez à les reconnaître et découvrez cette fascinante civilisation, tout en vous distrayant !

  • Cet écrit autobiographique de Schopenhauer se compose de 30 feuillets rassemblés dans un « cahier secret », sorte de journal intime tendant à la maxime, dont la publication fit l'objet d'une polémique à la disparition du philosophe.
    Plus une réflexion générale sur la nécessité et la façon de se connaître, L'Art de se connaître soi-même reste centré sur la personne d'un auteur au pessimisme revendiqué, vécu au quotidien. Il justifie son éloignement du monde par la mission intellectuelle au service de la vérité dont il s'est senti tôt investi. Renonçant à se servir soi-même, il s'attache pour le bien de l'humanité à se détacher du monde. Comme le regard porté sur le monde n'est pas purement spéculatif, mais qu'il se pose sur l'environnement concret du philosophe, une ironie savoureuse est souvent convoquée pour mettre ce monde à distance. Ce texte est un bel exemple de regard ironique porté sur soi-même.

  • Quel point commun entre une riche entrepreneuse chinoise, une mère au foyer japonaise, une paysanne indienne et une ouvrière vietnamienne ?
    Parler des femmes à partir de l'Asie est d'autant plus important que, tout en prenant des formes et des rythmes différents selon les contextes culturels, la place des femmes reste plus que jamais un indicateur du degré d'ouverture et de liberté qui existe dans les sociétés. Dans les trois dernières décennies, le réveil de la Chine et de l'Inde, et la montée en puissance ultra-rapide de l'Asie ont fait sortir les femmes massivement du « fond de la maison ». Mais si les femmes ont gagné en indépendance, sont- elles pour autant sorties d'affaire ? Et la mondialisation leur rend-elle service ? Est-on dans une période de progression du statut des femmes en Asie ou assiste-t-on plutôt à un retour en arrière ? Les femmes asiatiques ne vivent pas toutes dans le même espace ni dans le même temps. Et la perception du féminisme comme une idéologie moderne venue d'Occident ne facilite pas la tâche de celles qui veulent changer la donne. Sans compter le recul mondial sur la question des femmes qui menace aussi bien l'Est que l'Ouest.

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